Le canton est confronté à un record de cambriolages

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Cet article de la Tribune de Genève analyse le nombre de cambriolages qui ont lieu chaque mois à Genève. Un triste record a été établi, puisque le nombre mensuel de cambriolages a passé la barre de 1000 cambriolages par mois.

Genève vient de battre un nouveau record. Et il n’est pas réjouissant. Pour la première fois, le canton a enregistré plus de 1000 cambriolages par mois. Cela s’est passé en mars 2011. Cette flambée est une très mauvaise nouvelle pour la police qui jugeait déjà la situation «préoccupante» au vu des chiffres 2010.

Les vols par effraction ou introduction furtive dans les appartements, villas ou entreprises se multiplient depuis des années. Il y a eu une «explosion» en 2008, puisqu’ils sont passés de 5702 à 7318. Depuis, la courbe ne cesse de grimper. En 2010, on franchissait la barre des 8000. Aucun répit donc cette année, et notamment en mars, où le tableau de bord électronique affiche déjà une pointe dépassant les 1000 vols mensuels.

Les zones à risques

«C’est une tendance lourde, reconnaît Philippe Bertschy, chef adjoint de la police judiciaire. Beaucoup de personnes aimeraient des résultats rapides, mais ce n’est pas facile. Genève est très attractive en raison du niveau de vie de la population. Et les voleurs, contrairement à ce qu’on croit, sévissent aussi dans les appartements des quartiers populaires pour y trouver des chaînettes en or, métal dont le prix a explosé. Les différents groupes criminels sont aussi de plus en plus mobiles. Ils ne sont plus forcément basés de l’autre côté de la frontière. Ils peuvent venir de Paris ou de Lyon et commettre leurs forfaits en un jour et repartir.» Les zones à risques à Genève? Celles qui se trouvent près des grands axes routiers et qui sont desservies par les TPG.

Cette flambée de vols met les policiers sous pression. Car ils doivent multiplier les prélèvements ADN dans l’espoir de retrouver les malfrats. Conséquence: après les quatre premiers mois de l’exercice 2011, près de la moitié du budget annuel imparti à ces recherches était dépensé. A ce jour, 4056 traces ont été prélevées par l’ensemble de la police judiciaire. Là aussi, un record.

Au début de mai, l’état-major de la police judiciaire a tiré la sonnette d’alarme. Il a demandé aux enquêteurs de la Brigade des cambriolages de «prioriser» les relevés. En clair, les traces «riches», soit du sang ou de la salive, qui ont un fort potentiel de révéler un profil ADN, partiront en laboratoire en vue d’analyse. Quant aux traces dites «pauvres», dont les résultats positifs sont hypothétiques, elles patienteront, stockées dans les locaux de la police scientifique genevoise, avant exhumation en cas d’affaires se recoupant.

Sachant que près de 90% des vols ne sont pas élucidés, cette «priorisation» des données ADN va-t-elle encore faire baisser ce taux? «Non, répond Philippe Bertschy. Nous concentrons nos efforts pour pouvoir faire plus de recoupements entre les vols. Nous avons aussi renforcé et restructuré la Brigade des cambriolages pour qu’elle gagne en efficacité en suivant de A à Z tout le processus.»

Précautions à prendre

Comme on ne peut pas mettre un policier devant chaque appartement, il appartient aussi aux Genevois de «durcir la cible», comme on dit dans le jargon. A savoir mieux protéger son logement, en faisant installer une barre par exemple. Cela n’empêche pas un vol mais le complique et le ralentit. Selon la police, il y a encore trop de gens qui font preuve d’insouciance en ne fermant même pas la porte à clé en allant promener leur chien.

A ce sujet, on attend toujours le tous-ménages promis en avril par la cheffe du département, Isabel Rochat, qui devait résumer les précautions de base anticambriolage.

Source: Tribune de Genève

Stéphane
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